Présentation

Mercredi 21 octobre 2009
C'était comme un air de vacances avec des flaques vides et les arbres qui s'habillent d'automne.
Un ciel bleu, des belles ballades à travers champs avec ma maman, mes enfants.
Des jolis moments au creux de la yourte tisane et poele à bois.
Les premiers pas de Tanaë, les paroles extraordinaires de Margot aggripée à la balançoire, nez au vent, méditation sur la guerre.
Les soirées contes, les rires qui eclaboussent, les histoires bizarres, en bazar, la vache a vêlé, la conteuse m'a inspiré. Les copines toujours pas loin tout près, les enfants devant Thierry, la bouche ouverte, les poules caquètent, la Lune passe. La grande goule de Carabistouille, les supermatozoïdes de Jérôme Aubineau. Et tant d'autres souvenirs doux.

De retour. Confitures de coing, jus de pommes au pressoir, rangeage lavage en profondeur de la maison, averses. La terre respire. Puis le soleil reprend ses droits. Margot à l'école, Thibault dans ses rêves. Guerre aux souris. La tête s'emplit d'histoires, la plume noircit des pages. L'agenda se remplit petit à petit pour dire les contes.

Il manque juste le poêle à bois, l'odeur, la chaleur, la couleur, la présence. Et on y sera vraiment, les dix orteils dans l'Automne.
 

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Dimanche 11 octobre 2009
 
L'Automne s'installe.
On a joué à promenons nous dans les bois en fin de journée, on a ramassé des châtaignes, vus des champignons, on a lancé des glands dans l'eau et dégusté une poire sur une souche. On s'est roulé dans l'herbe toute moussue sous un réverbère à 8 heures du soir. Margot emmitouflé dans son cirée jaune raconte des histoires à qui veut l'entendre. Thibault sur les épaules de son papa attrape les feuilles bronzées des hêtres. Ca court, ça rit, ça vit.

Demain je file à Nantes voir Claire si Claire avant la Naissance de sa petite fille qui devrait arriver dans quelques jours. Pour elle, ce sont les derniers moments avant l'après.

La semaine s'annonce riche pour moi parce que je vais bouffer du conte. Et quand je bouffe du conte ça me regonfle. Ca m'interroge, ça me remue, ça m'interpelle, dire, que dire, pourquoi, pour qui, comment, à qui. Les rencontres de conteurs, avant pendant après spectacles, ça me construit.

Les enfants sous le bras, entre deux spectacles, je vais squatter quelques jours dans le Village, gambader dans les chemins creux, sauter dans les flaques, humer le bon air de l'Enfance en Automne.







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Dimanche 11 octobre 2009

Deux phrases d'Aldebert et tout est résumé !

"Entre deux âges entre deux eaux les trentenaires trottinant s'agitent
Authentiques autochtones à grands coups de "y a qu'à", de projets qui raisonnent mais n'aboutiront pas, nos utopies bornées, nos ambitions bornées à regarder le monde devenir, à se regarder devenir"


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Jeudi 17 septembre 2009
Finies les mûres, bonjour le gris la pluie.
Sans nostalgie aucune.
Ca fait tant de bien à la Terre, en agonie depuis quelques semaines.

Entre les gouttes les enfants du Petit Monde sont allées se ballader à la plage mardi matin.
Ils ont ramené des trésors de mers, des crabes morts aux yeux encore curieux, des coques ouvertes et vides, des bâtons odeur de sel, et même un crâne de serpent de mer ou de dragon, qui sait.

Sous les gouttes petit bonhomme Thibault est allé à la halte garderie, deux fois trois quart d'heures. Une première fois c'était bien et ce matin moins bien. Beaucoup d'enfants pleuraient et je l'ai retrouvé au même endroit que là où je l'avais laissé, avec son doudou. Un peu paumé mon petit bonhomme. Pas terrible pour moi non plus forcément... Il y retournera quand même mercredi. J'insiste, on verra.

Fin de la sieste, fin de la trêve, ça joue là haut, sauts, rires et cris.
L'heure de ne faire que  jouer, rire, sauter et crier.
Je vais me joindre de ce pas à ces rires, cris, jeux et sauts.
Avec Bonheur.

 


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Jeudi 20 août 2009
Partir juste en face, dans le petit chemin herbe et fleurs.
Emmener quatre enfants gourmands qui gambadent loin devant.
Eviter les Affreuses à huit pattes, prêtes à bondir, camouflées entre chaque grappe.
Regarder Thibault s'empiffrer, nez bouche mains en violet.
Ecouter Pauline rire, en pantalon c'est sûrement mieux.
Oser les passages secrets, herbes folles sans maïs et blé noir.
S'assoir au milieu des ronces et déguster.
Tenir la poche qui dégouline loin devant soi et laisser des traces sur la route sur la jupe.
Guetter le paon qui ne veut pas se montrer.
Lancer un caillou devant c'est le premier qui l'attrape.
Entrer dans les mondes farfelues et imaginaires de Margot et Quentin.
Oublier l'heure.

Et au bout du compte se rendre compte que dans la bassine à confitures ça fait pas le compte.

Moralité : Mieux vaut partir sans enfants gourmands qui gambadent devant on y passe autant de temps mais on en ramène sacrément !




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Mercredi 19 août 2009

Le camion est venu.
Avec une grosse pince pour prendre le corps.
Le corps qu'il a fallut déplacer parce que même si on paie 145 euros et bien non, le camion ne va pas jusque dans le fond du champ chercher l'âne (qui attend depuis 5 jours, dépouillé, bouffé, odeur pestilentielle).
Déplacer un corps d'âne, que dis-je, une carcasse d'âne (et quel âne c'est Umus quand même) c'est douloureux.
Même si c'est en tracteur. Il faut quand même soulever la bâche, attacher ce qu'il reste de pattes et traîner le corps à l'arrière du tracteur sur une distance de 400 mètres. Trainer ce qu'il reste d'Umus.
La pince aggripe le corps, le corps qui ne tient plus en place. La tête s'est détachée. Il est presque coupé en deux notre âne, bouffé par les mouches. Soulevé dans les airs pour atterrir dans une grande benne avec des vaches et d'autres équidés. L'homme met ses gants, prend la tête et la jette dans la benne.

Trois pairs d'yeux contemplent ce spectacle horrifiant.
Il y a Yannick, l'homme au tracteur et moi dans la voiture, comme pour un dernier adieu. Et puis il y a aussi Margot du haut de ses presque 4 ans. Parce que c'est étonnant, revenir de vacances et apprendre que l'âne Umus est mort. "Il est où ? Je veux le voir". Ballade dans le fond du champ, caresse à Piloui l'âne survivant,  longue contemplation de la bâche qui laisse transparaître des poils et comme un ventre d'âne gonflé. "Voilà Margot, il est mort, il est là, là dessous. Les mouches le mangent, les petits vers aussi. Il va partir dans un camion, il va être enterré sûrement avec d'autres animaux morts".
"Je voudrais le voir une dernière fois".

Concours de circonstance, l'homme de l'equarissage appelle à la maison à 17 h un mercredi pour venir chercher Umus au jardin, c'est à 5 kilomètres.
A 17 heures un mercredi...alors qu'Umus a été euthanasié vendredi. Vendredi, samedi, dimanche, lundi, mardi, mercredi. 5 jours de grande chaleur. 17 heures...l'heure fatidique du mercredi où Yannick quitte le jardin avec son break blanc rempli de paniers (19 aujourd'hui) a emmener à La Garnache au dépôt Court Circuit chez Christophe et Valérie.
17 h un mercredi. L'homme au téléphone : "j'arrive, vous avez mis l'âne juste devant je n'entre pas avec le camion dans le champs hein ! Et vous avez fait un chèque ? C'est 145 euros".
Yannick n'a pas de portable (on est des irréductibles), j'embarque les enfants sous le bras, je les enfourne dans la voiture brûlante, je roule jusqu'au jardin pour intercepter Yannick avant son départ.
Peut-être est-il encore là ? Si il est déjà parti je ferai un chèque et je persuaderai l'homme de rouler 400 mètres avec son camion pour aller  au fond du champ...

L'homme est là. Le chèque de 145 euros empoché. Yannick traîne ce qu'il reste d'Umus avec con tracteur.
Et Margot ne comprend pas pourquoi on est là, pourquoi elle ne voit pas.
Je déplace la voiture, elle monte devant sur mes genoux. Et nous regardons.
Thibault derrière fait ses vocalises, ne voit pas la scène.

Nous regardons. Que voit-elle ? Quelles séquelles ? "Ce n'est pas un spectacle pour les enfants" je pense au fond.
Et puis en même temps je ne voulais pas faire autrement. On en a parlé après. Toutes les deux, tous les trois avec Yannick. Margot a dessiné Umus "mais pas le camion".

Ce soir je demande à Yannick "ça t'as pas trop dérangé que je propose à Margot de voir ?".

- "Non, j'étais content qu'elle soit là, elle voulait tellement le voir une dernière fois.

L'occasion pour nous d'aborder ce sujet difficile qu'est la mort.

Margot a retenu que quand on sera mort, on sera mangé par les mouches et les vers et on sera dans la terre et des graines de fleurs ou d'arbres ou des légumes viendront nous chatouiller la terre et on les aidera à pousser. Toute la Vie.



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Mercredi 19 août 2009

Les valises sont posées et bien posées.

Le Soleil aussi.

Depuis trois jours je suis à la maison avec les enfants. Je les regarde jouer. Sauts sur matelas, coloriages, playmobils, ballons, pieds dans les bassines. Le temps semble arrêté, peut être l'effet soleil là haut. Je me demande si les mûres ont envahi les buissons. Peut-être qu'après la sieste on tentera une escapade de plein jour dans le chemin en face.

Il y a une semaine c'était la Dordogne avec Greg et Val. Le Périgord Noir et son camping à la ferme peuplé de papas, de mamans, d'enfants. Autour les grottes préhistoriques que nous avons laissées aux familles. Retour au célibat, ne pas regarder l'heure, laisser le temps filer, plus de couches, plus de repas à préparer. Un autre rythme. Très pépère le rythme. On a joué au rami, on a posé nos orteils sur les galets frais dans la Dordogne, on a mangé du foie gras et bu de la tisane à 2 euros 50, on a arpenté les plus beaux villages de France. Pierres, Soleil. Musardage. On a été au Ciné voir Ponyo, le dernier chef d'oeuvre de Miyasacki, ou encore le dernier Pixar projetté devant le mur d'une abbaye près d'un marché de producteurs. De vraies vacances, un grand bol d'autre chose avec des gens géniaux. Si c'était à refaire, je reprendrai les mêmes et je referai.

Le rythme semble changer pour Margot la marmotte. Depuis trois jours elle ne dort plus lors de la sieste. Elle s'allonge une heure, se relève vers 15 heures, pleine d'énergie. D'elle même je la surprends à faire des A et des O sur une feuille. Un début d'envie d'apprendre l'écriture, la lecture ?

Thibault s'affaire partout, essaie de sauter, court autour de la table, rigole avec son ballon, s'empiffre de calins. Un p'tit bonheur sur pattes. Il essaie de répéter c'qu'on dit mais il faut avoir le décodeur quand même ! Avec les signes en plus pour nous c'est du gâteau. Pipi ça donne "pepe", bébé c'est "baba", téléphone c'est "té", ballon, c'est "ba". Pleins de p'tits bouts de mots comme ça qui sortent dans sa p'tite bouche d'amour. Des ptits sons surtout. A croquer le baba !

Au Jardin notre âne Umus a été euthanasié vendredi. Il était malade, amorphle. Un parasite selon le vétérinaire. Moments douloureux... Décision dure. Piloui est maintenant tout seul dans son champ.
Le corps d'Umus devrait être emmener à l'équarissage aujourdhui après 5 jours d'attente à l'ombre sous une bâche (je ne parle pas de l'odeur).

Les légumes poussent toujours, le jardinier ne s'en lasse pas. On mange des melons juteux sucrés, et les tomates cuisent en coulis.

Le rythme devrait changer à partir du 7 septembre, date de rentrée de Margot au Petit Monde. Thibault ira-t-il à la garderie deux jours ? J'ai fais une demande, en attente... Pour l'instant on prend le temps d'être ensemble, je suis heureuse de vivre tout ça avec eux. De les sentir chaque jour, de les voir grandir, courir, sauter, pleurer, d'être là avec eux dans cette toute petite tendre enfance si douce.


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Dimanche 2 août 2009
La maison a changé. Un peu.
J'ai mis une étagère dans la cuisine, ça change pleins de choses. Surtout dans ma tête.
J'ai bougé quelques meubles pour ranger autrement.
D'autres chantiers m'attendent le nez dans les fringues des enfants, ou dans les papiers de bureau.
Un jour où l'autre j'y viendrai. Bientôt sûrement. Demain peut-être.
Ca fait du bien de mettre de l'ordre. Ca éclaircit les idées.
Ca me fait lâcher prise sur pleins de choses.
Je me sens bien.


C'était dimanche.
On a installé les tables, posé les assiettes, les plats en tout genre.
On a parlé on s'est écouté, on s'est retrouvé et même rencontré.
Orteils dans l'herbe.
Pique nique avec le Petit Monde.

On a joué. On a rit rit rit.
On s'est retrouvé comme à la récré, à courir après des chiffons, à se donner la main chenille d'épervier, à téléphoner en arabe.
Les enfants jouaient loin, dans le foin, mains dans l'eau, balle au pied.
Et nous on riait.

Après tous ces rires pas facile d'attérir.




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Samedi 1 août 2009

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Samedi 1 août 2009

J'ai la bougeotte.
Chez moi je rêve de déménager, je regarde les annonces, j'appelle des agences et puis du jour au lendemain la raison prend le dessus et j'oublie, je me sens bien. Jusqu'au lendemain.
Chez moi je déplace les meubles, je trie, je jette, je recycle, je me sens insatisfaite, puis satisfaite, puis impatiente.
Chez moi, je me lève et puis je fais des plans sur la comète. Que j'éxécute. Ca me rassure, je me sens libre.
J'appelle ceux que j'aime des fois je parle trop.
J'écris ici et là, j'efface, je raye, je rêve.
J'habille les enfants, je fais un sac en un quart de secondes et j'installe tout le monde en voiture.
On part.
On part souvent, je me perfectionne en sacs vite faits.

A Noirmoutier on s'étale dans la maison de vacances des parents de Vincent.
Clarisse, Constant, Ferdinand et Mélisse ont pris leurs aises, on prend les nôtres.
Y a du bazar, on ne regarde pas vraiment l'heure.
C'est bon.

Escale vite fait à la maison pour sacs vite fait bien fait.
Pas envie de m'attarder ici dans ce bazar qui me rappelle toutes ces choses à faire.

Dans les Deux Sèvres c'est différent.
Dans les Deux Sèvres y a pas d'enfants.
Y a les histoires et puis surtout y a les copines juste là, à portée de voix.
On se regarde, on s'écoute, on s'étonne, on s'apprivoise.
On se dit. On se nourrit de ce qu'on est pas. On partage ce qu'on est.
On a pas envie de se quitter, on a encore besoin d'un peu de temps avant de redevenir mamans.

Retour au bercail, mais la liberté a bon goût alors enfants dans les bras, je repartira.
Chez Antoine et Gwenn, chez Myriam et JP, chez Pauline et Gaëtan.
A Nantes sous l'ombre du Grand Eléphant.
Au resto avec des langues qui se délient, s'allient.

Aujourd'hui la pluie.
Je reste ici, je défais, je trie, je recycle, je remets, je range, j'arrange, je dérange.
Ca me dérange et ça m'arrange.
Ca m'encombre et ça me vide.






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